Que sont-ils devenus ? Josselin Vogel nous raconte son expérience TEDxRennes

En mai 2019, Josselin Vogel était le premier à monter sur la scène de TEDxRennes. Il ouvrait le bal avec une intervention sur notre consommation de textile. Ce sujet qui nous touche toutes et tous, il le travaille au quotidien, puisqu’en 2019, il prépare le développement de ViJi, ensemble de solutions pour la transparence et la traçabilité des actions éco-responsables dans le textile et qui comprend une appli mobile à destination des consommateurs. En proposant un système de données authentifiées et de traçabilité afin de retracer la véritable histoire du vêtement, ViJi propose une solution innovante en se plaçant en tiers neutre et objectif entre la marque et ses consommateurs.

Un an après son talk, nous sommes allés à sa rencontre pour qu’il nous partage ses souvenirs et son expérience.

Interview de Josselin Vogel, intervenant TEDxRennes 2019

Comment avez-vous découvert l’existence de TEDxRennes et comment s’est établi votre premier contact avec l’équipe ? 

A l’époque, dans le cadre de mon projet professionnel de création d’entreprise, j’étais en contact avec Laurent Bertaux, président de Mobizel, avec qui nous réfléchissions alors à une possible collaboration.

Un jour, je m’en souviendrai toujours, cela devait être en octobre ou novembre 2018, Laurent m’a appelé. Je m’attendais à un coup de fil pour le boulot. Et là surprise : il m’annonce que j’ai été sélectionné pour participer au prochain TEDxRennes, devant 3300 personnes. Et ce alors même que je n’avais jamais entendu parler de l’événement ! Je connaissais les conférences TED et j’avais déjà regardé quelques vidéos TEDx de personnalités très médiatiques, mais sans pour autant avoir connaissance d’un déploiement régional de cette ampleur.

J’ai d’abord cru à un canular, je ne comprenais pas le fait d’avoir été sélectionné alors que je n’avais pas déposé de candidature, je ne comprenais pas que ce soit Laurent qui m’en parle car cela n’avait aucun lien avec nos relations de l’époque… jusqu’à ce qu’il m’explique le tout et notamment son implication dans l’association Bretagne ID Large, organisatrice de TEDxRennes, le processus de sélection, etc.

 

Comment avez-vous accueilli la proposition ?

J’ai tout de suite senti une forme de pression saine. C’est un peu comme quand on saute à l’élastique : tu es au bord de la planche et soit tu fais demi-tour et tu sais que tu n’y retourneras plus jamais, soit tu sautes et puis… on verra bien ! Soit tu dis oui, soit tu dis non. Alors j’ai dit oui ! J’avais bien pris la mesure de l’opportunité qui m’étais proposée et je savais qu’il n’y en aurait pas 2 comme celle-là.

Très rapidement, je l’ai pris comme un défi personnel. Pour avoir déjà vu des talks en vidéo, je savais que ce n’étais pas anodin. J’en étais conscient dès les premières minutes. C’est ce qui m’a attiré, il allait falloir que je me dépasse.

A cela s’ajoute bien sûr un petit brin de fierté… et en même temps on se demande « pourquoi moi ? » ! Au début, on ne sait pas ce qu’on va dire. On questionne alors sa légitimité. C’est un sentiment très ambigu, qui a perduré, notamment dans les moments de doute et, au final, jusqu’à ce que mon talk soit complètement écrit. J’ai franchi un grand cap dans ma préparation mentale à partir du moment où il y avait une version qui tenait à peu près la route sur le papier.

 

Quels sont vos souvenir du coaching ? 

Je me souviendrai longtemps de la première rencontre avec mes 3 coachs (et oui, 3, rien que ça !) : Sadia, Gabrielle et Valérie. On prend alors un peu plus conscience de l’importance accordée au message. Il y a beaucoup d’abnégation et d’investissement de leur part.

Elles avaient tous les trois des profils complètement différents. A certains moments, cela peut être perturbant : elles ont toutes une vision qui est la leur et on est partagé entre ces 3 visions. Mais ce qui est génial, c’est de voir que tout finit par converger.

Avec le début du coaching, on réalise aussi l’investissement que cela va demander sur la durée. On se rend compte que c’est extrêmement exigeant et que le travail ne va pas se faire tout seul ! Quand comme moi, on n’est pas rompu à l’exercice de la prise de parole, c’est du travail ! Et ce malgré mon expérience du théâtre et certaines prédispositions à la communication orale.

 

Comment avez-vous vécu le Jour J ? 

Plus que d’un jour J, je parlerais d’une « semaine J ». L’accompagnement dure 3 à 4 mois. On a pris la dimension de la chose, on travaille et, au final, TEDxRennes s’intègre dans le rythme quotidien, presque comme une normalité. Et tout d’un coup, ça devient très réel et on réalise qu’il va falloir y donner vie, très concrètement.

La semaine commence, on voit l’événement arriver, on entend parler des préparatifs au Liberté, on visite la salle la veille et là… on prend une claque. On sait que toute cette préparation va prendre forme en quelques minutes. Je me suis dit alors : « Je ne peux pas me planter, ce n’est pas possible. » Non seulement parce que j’allais être face à 3300 personnes, mais aussi parce que j’avais travaillé pendant plusieurs mois pour ça. Je ne crois pas avoir, dans ma vie, travaillé aussi longtemps pour délivrer en aussi peu de temps. Le rapport travail/aboutissement est très particulier.

Comment avez-vous vécu le moment de votre talk ?

La journée avançant, il ne fallait pas laisser monter le stress. J’ai fait 1h de sophrologie, trois heures avant de monter sur scène et cela m’a vraiment aidé à me contrôler. Et on s’isole complètement. Mécaniquement, et je pense que c’est de l’ordre du réflexe, on crée une bulle autour de soi. Rien ne devait venir perturber mon cheminement mental. Plus personne ne pouvait vraiment me parler.

J’étais le premier à monter sur scène pour l’édition 2019 et j’ai adoré ça car ça m’a évité de me poser des questions en voyant les autres. Je me souviendrai toujours de la chanson diffusée avant mon entrée : Jump Around de House of Pain. Ça m’a fait comme une piqûre d’adrénaline et ça m’a permis de me lancer !

Et pendant mon talk, j’ai vécu une sorte de dédoublement de ma personne : je délivrais mon texte, pendant qu’une partie de mon cerveau était déjà en train de réfléchir à ce que j’allais dire après et se demandait si je ne m’étais pas trompée ici ou là. Au final, j’avais raison : en regardant la vidéo, je me suis aperçu que j’avais inversé des paragraphes ! Ça ne s’est pas du tout vu pour autant, je suis retombé sur mes pattes et je n’ai rien oublié.

 

Pour autant, c’est un bon souvenir ? 

Oh que oui ! Sur scène, on prend du plaisir. Le moment est court, et si on n’en profite pas, après il est trop tard. Je me rappelle avoir pris du plaisir à le faire, avoir pris mon temps. Même si on sait que c’est minuté, il ne faut pas tomber dans le piège de vouloir tout déballer pour s’en débarrasser au plus vite. J’ai essayé de savourer au maximum chaque minute sur scène. Je me rappelle aussi du retour en coulisses où j’ai explosé de joie, j’étais vraiment fier.

 

Et quelles sont été les suites pour vous ? 

Immédiatement après, les gens sont venus me voir au moment du cocktail pour me féliciter et j’y a fait quelques belles rencontres. Et j’ai reçu quelques messages très sympas de personnalités économiques locales. Il m’est même arrivé, une fois, en allant boire un verre, qu’on me demande de faire un selfie avec quelqu’un ! Il y a un vrai petit buzz immédiatement après. Depuis, il m’arrive régulièrement d’être contacté par des personnes qui ont vu mon talk et qui soutiennent mon idée.

Et puis le talk, le message bien travaillé et la vidéo sont des très bons moyens de communiquer sur ce sujet de la consommation durable et responsable qui me tient à cœur. J’ai par exemple un peu réadapté le texte pour intervenir auprès d’élèves de 6e dans un collège, quelques temps après. La diffusion des idées se poursuit !

Enfin, ce que j’en ai retenu après, c’est que TEDxRennes m’a aussi apporté quelque chose de primordial dans ma réflexion. Pendant les mois de préparation, on réfléchit en profondeur sur son sujet, on va vraiment au bout de ses idées. Moi, ça m’a obligé à creuser certains points, à les verbaliser pour rendre compréhensible mon point de vue, à revoir ma manière d’argumenter et contre argumenter. Car pour moi participer à TEDxRennes, ce n’est pas imposer une idée mais apporter une réflexion, qui interpelle, qui amène à se questionner, qui nourrit le débat. Je n’estime pas avoir toutes les réponses sur mon sujet, loin de là !

 

Un peu plus d’un an après votre intervention sur scène, quelle est votre actualité ? 

En mai 2019, nous étions en cours de développement de nos solutions pour la traçabilité du textile. Désormais, elles sont abouties et ont su convaincre des clients majeurs. Nous avons encore bien sûr beaucoup de choses à faire mais ViJi est connu et reconnu dans la filière du textile et dans le domaine du changement environnemental. Nous avons d’ailleurs été invités à intervenir au dernier Change Now Summit, une très belle expérience !  Nous avons aussi noué un certain nombre de partenariats dans le textile et notamment en juin 2020 avec le label écoresponsable Français Slowerare. Dans le contexte difficile de la crise actuelle, c’est pour nous l’occasion de donner une belle visibilité aux marques associées, qui s’engagent pour plus de transparence et d’écoresponsabilité.

La crise du Covid-19 a mis à mal un grand nombre d’acteurs du textile, notamment sur le mass market, ceux dont l’activité retail est très forte ou encore parmi les plus endettés. Mais ce qui est sûr, c’est que cette crise a aussi mis en relief la nécessité de repenser sa consommation. Notre consommation massive est remise en question, tout comme le sont les limites de la mondialisation effrénée. Cela vient aussi alimenter notre réflexion et ce pour quoi on se bat au quotidien. A voir maintenant dans quelle mesure, à moyen terme, le consommateur va réellement changer son mode de consommation et les marques s’y adapter.

 

Si vous aviez un message à adresser à une personne à qui on proposerait de parler à TEDxRennes, quel serait-il ? 

Fonce, ne te pose pas trop de question ! S’ils te font confiance, c’est que tu peux avoir confiance en toi ! Ça n’arrive qu’une fois dans une vie, c’est une expérience unique.

 

Un grand merci à Josselin pour cette interview pleine d’enthousiasme !

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